Autorité, pouvoir, leadership : comprendre ces notions pour agir, s’engager et renforcer la participation citoyenne des jeunes en Afrique.


Dans nos familles, à l’école, dans la politique ou même sur les réseaux sociaux, les mots autorité, pouvoir et leadership sont souvent utilisés comme s’ils voulaient dire la même chose. Pourtant, ils ne renvoient ni aux mêmes pratiques, ni aux mêmes valeurs, ni aux mêmes impacts sur la participation citoyenne.
Au Cameroun comme ailleurs, notre héritage social nous a parfois transmis une vision floue de l’influence. Il est temps de remettre les pendules à l’heure pour mieux agir.
QUELLE EST LA DIFFERENCE ENTRE POUVOIR, AUTORITE ET LEADERSHIP ?
Dans nos quartiers, nos écoles ou nos associations, on mélange souvent tout. Le pouvoir, c’est la capacité d’agir ou de faire agir. Mais la manière dont on l’utilise change tout.
Imagine une salle de classe : il y a le professeur qui inspire (autorité), celui qui punit sans raison (domination), et l’élève qui motive ses camarades pour un exposé (leadership). Trois visages, trois énergies différentes.
Voici pourquoi cette confusion persiste
Si nous avons du mal à faire la différence, ce n’est pas de notre faute, c’est une question d’héritage :
- L’éducation classique : Dès l’enfance, on nous apprend souvent que « le grand a toujours raison ». Obéir sans questionner devient la norme.
- La culture du « Chef » : Nos modèles sociaux valorisent souvent l’homme fort, celui qui impose, plutôt que celui qui écoute.
- Les héritages sociaux : Les structures hiérarchiques très rigides héritées du passé nous font croire que le pouvoir est forcément vertical et descendant.
Distinctions clés : Comprendre pour ne plus subir
Pour y voir clair, voici une petite boussole :
- Autorité : La légitimité consentie. C’est quand on t’écoute parce que tu as une compétence ou une sagesse reconnue. On te respecte non pas parce qu’on y est obligé, mais parce qu’on reconnaît ta valeur. C’est un contrat de confiance.
- Domination (ou pouvoir brut) : La contrainte. Ici, on impose sa volonté par la force, la menace ou l’argent. Il n’y a pas d’adhésion, juste de la soumission. Dès que le « dominant » tourne le dos, plus personne ne suit.
- Leadership : L’influence volontaire. Le leader n’a pas forcément de titre. Il entraîne les autres par sa vision et sa capacité à instaurer un climat de confiance. On le suit parce qu’on a envie de faire partie de son aventure.
COMMENT UTILISER CES NOTIONS POUR AGIR EN FAVEUR DE LA PARTICIPATION CITOYENNE ?
Une fois qu’on a compris cela, on devient un citoyen redoutable ! Pour faire bouger les choses au Cameroun, nous devons :
- Questionner la domination : Ne plus accepter une décision juste « parce que c’est le chef qui a dit ».
- Incarner un nouveau leadership : Dans ton association ou ton quartier, encourage la parole de chacun. Le vrai leader crée d’autres leaders, pas des suiveurs.
- Valoriser l’autorité de compétence : Donnons de la voix à ceux qui savent et qui font, plutôt qu’à ceux qui crient.
À AfricTivistes Citizen Lab Cameroun, notre mission est de transformer cette compréhension en action. Confondre autorité, domination et leadership, c’est reproduire des schémas qui freinent l’engagement citoyen. Les distinguer, c’est ouvrir la voie à une société où chacun peut contribuer, proposer et agir.
Nous croyons fermement que la technologie et l’éducation numérique sont des outils puissants pour passer d’une culture de la domination à une culture de la participation.
Ensemble, déconstruisons ces vieux schémas pour bâtir une citoyenneté consciente, où le leadership est au service du bien commun et non de l’ego. Le changement commence par les mots que nous utilisons et la manière dont nous choisissons d’influencer notre entourage.
Parce qu’un pouvoir partagé renforce la démocratie.
Et parce que le leadership citoyen est une force de transformation durable.
Pour AfricTivistes Citizen Lab Cameroun
Diana SOUNA