Non, la jeunesse camerounaise n’est pas apathique!


Il est aujourd’hui presque banal d’entendre certains discours : « la jeunesse actuelle est paresseuse », « la jeunesse d’aujourd’hui est moins ambitieuse », « c’est une jeunesse désordonnée, plaintive, sans vision ». Ces narratifs sont répandus, répétés et parfois même institutionnalisés, au point de devenir une sorte de vérité sociale admise.
Pourtant, derrière ces discours se cache souvent une autre réalité : l’échec de certains acteurs censés produire des résultats concrets en matière de formation, d’autonomisation et d’employabilité des jeunes. Il est plus simple de qualifier une génération d’apathe que de questionner l’inefficacité des politiques publiques, l’absence de stratégies inclusives et le manque d’investissements durables en faveur de la jeunesse.
Les faits parlent plus fort que les discours
La réalité du terrain est pourtant claire : la jeunesse camerounaise agit. Elle agit souvent sans moyens, sans appui institutionnel, sans reconnaissance médiatique, mais avec conviction, créativité et résilience.
Il suffit d’observer les nombreuses initiatives portées par des jeunes dans des secteurs tels que :
- l’environnement et la justice climatique,
- la santé communautaire,
- le numérique et l’innovation,
- la citoyenneté démocratique,
- les médias,
- la production de contenus éducatifs et citoyens.
Dans la majorité des cas, ces parcours sont construits à partir de rien, par l’effort personnel, l’apprentissage autonome et l’engagement collectif. C’est une jeunesse qui ose, qui aspire, qui refuse l’immobilisme et qui propose un autre récit que celui de la résignation. Minimiser ces réalisations serait non seulement une erreur d’analyse, mais aussi une forme de mauvaise foi sociale. Car derrière chaque initiative citoyenne, chaque projet communautaire, chaque engagement associatif, il y a des jeunes qui investissent du temps, de l’énergie, de l’intelligence et du courage.
L’engagement d’Africtivistes CitizenLab Cameroun en est une illustration concrète. À travers ses programmes de formation, ses webinaires, ses actions de sensibilisation, ses initiatives de citoyenneté numérique et ses espaces de dialogue citoyen, l’organisation démontre chaque jour que la jeunesse camerounaise n’est ni apathique, ni indifférente.
Elle est active, organisée et consciente. Elle s’informe, se forme, s’engage et agit sur des enjeux majeurs tels que la démocratie, la gouvernance, les droits numériques, la participation citoyenne et le développement inclusif.
Africtivistes n’est pas une exception isolée : c’est le reflet d’un mouvement plus large, porté par une génération qui refuse la marginalisation et la passivité.
Le vrai problème : l’absence de réponses structurelles
S’il est vrai qu’une partie de la jeunesse demeure en difficulté, le problème fondamental n’est pas l’apathie. Le problème central réside dans l’absence d’interventions concrètes, inclusives et structurantes des acteurs institutionnels.
Le déficit de politiques publiques adaptées, le manque de dispositifs d’accompagnement, l’insuffisance de mécanismes d’insertion professionnelle et l’exclusion des jeunes des espaces de décision produisent plus de frustration que de mobilisation.
Reconnaître, soutenir, investir
La jeunesse camerounaise n’a pas besoin de discours stigmatisants. Elle a besoin de reconnaissance, de confiance, de moyens, de formations, et surtout d’espaces réels de participation.
Dire que la jeunesse est apathique, c’est refuser de voir les dynamiques existantes. La réalité est plus simple et plus forte : la jeunesse camerounaise agit déjà. Ce qu’elle attend, ce ne sont pas des jugements, mais des politiques courageuses, des partenariats concrets et de confiance et des investissements durables.
Changer le regard sur la jeunesse, ce n’est pas un acte symbolique. C’est un choix politique, social et citoyen.
Non, la jeunesse camerounaise n’est pas apathique. Elle est en mouvement. Elle est en construction. Et elle est déjà en action.
KASSI Roland, pour AfricTivistes CitizenLab Cameroun