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Violence en ligne envers les femmes : pourquoi l’espace citoyen reste hostile au Cameroun ?

Aujourd’hui, l’espace citoyen numérique – réseaux sociaux, forums, médias en ligne – reste profondément hostile aux femmes. Derrière un écran, des violences s’expriment librement : insultes, menaces, moqueries, diffamation. Ce phénomène porte plusieurs noms : cyberintimidation, cyberharcèlement, violences en ligne, mais une seule réalité : le silence imposé aux femmes.

Description et caractéristiques de l’hostilité en ligne envers les femmes

L’hostilité en ligne envers les femmes se manifeste par des attaques répétées, ciblées, et par une agressivité disproportionnée, souvent centrée sur le physique, la moralité ou la vie privée de la victime, plutôt que sur ses idées. Elle vise à décourager, intimider et exclure les femmes de l’espace public numérique.

Contrairement aux violences hors ligne, la violence numérique est permanente (internet n’oublie jamais), virale (les attaques se propagent en un clic) et profite souvent de l’anonymat des agresseurs pour s’intensifier.

Diverses formes d’hostilité en ligne envers les femmes au Cameroun

Au Cameroun, être une femme leader d’opinion ou simplement active sur les réseaux sociaux expose à des formes spécifiques de cyberviolence :

  • Insultes sexistes et misogynes dans les commentaires
  • Trolling organisé pour décrédibiliser une prise de position
  • Harcèlement répété par messages privés ou publics
  • Diffusion de fausses informations ou d’images sorties de leur contexte
  • Menaces, parfois explicites, visant à faire taire

Les femmes engagées dans la société civile, la politique, le journalisme ou l’activisme numérique sont particulièrement visées. Leur visibilité devient un facteur de risque.

Un constat alarmant : Que disent les chiffres ?

Selon un rapport d’ONU Femmes (lien à insérer Questions fréquemment posées : Abus en ligne, trolling, harcèlement et autres formes de violence envers les femmes et les filles facilitée par la technologie | ONU Femmes), la violence facilitée par la technologie est une pandémie silencieuse. Les chiffres font froid dans le dos : entre 16 % et 58 % des femmes dans le monde ont déjà subi ce type de violence.

En Afrique subsaharienne, une étude menée dans cinq pays révèle que 28 % des femmes ont été victimes de violences numériques.

Chaque année, des millions de femmes et de filles subissent des abus en ligne, sans toujours savoir vers qui se tourner ni comment se protéger.

Les adolescentes : une cible particulièrement vulnérable

Les adolescentes font face à certains des plus grands risques liés à la violence numérique. Leur jeune âge, leur exposition précoce aux réseaux sociaux et le manque d’accompagnement renforcent leur vulnérabilité.

Ces violences peuvent avoir de lourdes conséquences :

  • Perte de confiance en soi
  • Isolement social
  • Abandon de la prise de parole en ligne
  • Impact sur la santé mentale

Le numérique ne devrait pas être un espace de peur, mais un espace d’apprentissage et de participation citoyenne.

Tous UNiS pour mettre fin à la violence

La sensibilisation est notre meilleure arme. C’est d’ailleurs le cœur de la campagne mondiale 2025 des 16 jours d’activisme, placée sous le thème : « Tous UNiS pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles ».

Cette campagne rappelle que la violence numérique n’est pas une fatalité. Elle appelle les États, les plateformes, la société civile et les citoyens à agir ensemble pour créer des espaces numériques plus sûrs et inclusifs.

Que faire pour se protéger des abus en ligne ?

Voici quelques réflexes à adopter :

  • Documenter : Prends des captures d’écran de chaque menace ou insulte. C’est ta preuve.
  • Signaler et Bloquer : Utilise les outils des plateformes (Facebook, X, Instagram) sans hésiter. Ton bien-être mental passe avant tout.
  • Porter plainte : La loi camerounaise sur la cybersécurité et la cybercriminalité punit le harcèlement en ligne.
  • S’entourer : Ne reste pas seule. Parles-en à des proches ou à des associations spécialisées.

Notre engagement avec AfricTivistes Citizen Lab Cameroun

Nous veillons activement à créer un environnement numérique plus sûr, plus inclusif et plus respectueux notamment à travers :

  • Des webinaires éducatifs pour renforcer la participation citoyenne des jeunes à travers le numérique
  • Nos campagnes de sensibilisation, à l’instar de #MonNumériqueResponsable et #JeunesCitoyensActifs, qui ont pour rôle d’éveiller les consciences.

Notre objectif est clair : outiller, informer et accompagner les femmes, les jeunes et les leaders d’opinion afin qu’elles puissent occuper pleinement l’espace citoyen numérique, sans peur et sans violence.

Pour AfricTivistes Citizen Lab Cameroun

Diana SOUNA

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