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Ce que les hommes engagent (et perdent) dans le maintien des inégalités de genre

 L’armure du ‘’vrai homme’’ est une prison, pas une protection

Le patriarcat vend aux hommes une armure de ‘‘chef’’, mais cette armure les étouffe aussi.

Pour porter la casquette de ‘‘mal dominant’’, beaucoup d’hommes s’enferment dans une masculinité rigide : interdiction de pleurer, obligation de tout payer, devoir d’être fort tout le temps. Cette posture finit par les briser en silence.

Le système qui maintient ces inégalités ne fait pas que du bien aux femmes, il saigne beaucoup les hommes. On croit souvent que dans le patriarcat, l’homme gagne tout et la femme perd tout. La réalité est plus dure :  tout le monde perd et personne ne gagne vraiment : c’est ça le coût invisible du patriarcat.

COÛT PSYCHOSOCIAL DU PATRIARCAT POUR LES HOMMES AU CAMEROUN

  1. Déficit de soutien émotionnel et isolement

‘’un homme ne pleure pas, un homme ne parle pas, un homme encaisse’’

Dans les contextes urbains, les normes de masculinité interdisent l’expression de la vulnérabilité masculine. Les hommes disposent rarement de cadres sociaux, de soutien émotionnel équivalents aux tontines financières. Tout ceci favorise le repli, la consommation d’alcool et la répression des émotions, avec des effets sur la santé mentale.

  • Détérioration de la santé mentale

La dynamique de mal dominant contribue à la sous-déclaration et à la non-prise en charge des troubles anxio-dépressifs. Les hommes sont ainsi enclins à solliciter une aide psychologique. Cette norme de virilité, agit comme un facteur de risque comportemental plutôt que comme un mécanisme de résilience.

COÛT ÉCONOMIQUES ET FAMILIAUX

  1. L’assignation au rôle de pourvoyeur unique

L’intégralité de la charge financière reposant sur l’homme, le foyer est exposé à un risque de vulnérabilité économique. En cas de perte d’emploi, l’absence de double revenu expose l’ensemble de la famille à l’insécurité alimentaire et sociale. Le maintien de cette norme par fierté statutaire constitue un facteur aggravant la pauvreté des ménages.

  • La dépossession de la fonction parentale

Le cadre légal, avec peu de jours de congés de paternité, et les normes sociales, relèguent l’homme à un rôle de pourvoyeur financier au détriment de la parentalité active. Cette distance institutionnalisée dès la naissance compromet la construction du lien père-enfant. À long terme, elle génère un déficit relationnel : l’autorité paternelle se substitue à la complicité affective.

CONSÉQUENCES

  1. La sous-utilisation du capital humain

L’orientation genrée des filières et carrières prive l’économie nationale et familiale de compétences qualifiées. La mise à l’écart des femmes à des postes techniques ou de direction, malgré leur qualification, représente une perte sèche de productivité et de revenus potentiels pour les ménages.

  • Biais décisionnel lié à l’orgueil statutaire

Par peur de perdre sa place de ‘ ‘chef’’, un homme refuse d’utiliser les compétences de sa femme dans l’entreprise familiale. Il préfère échouer seul plutôt que réussir à deux. L’ego devient alors un frein irrationnel : on perd de l’argent et des opportunités juste pour protéger son statut.

  • Auto-censure professionnelle

La segmentation genrée des métiers dissuade les hommes d’investir dans des secteurs perçus comme féminins, indépendamment des aptitudes ou de l’attractivité économique.  Cette restriction du champ des opportunités professionnelles entraîne des carrières par défaut, source de frustration et de sous-rémunération.

  • Il faut donc déposer l’armure pour sortir de prison ; le costume de ‘‘chef’’ est une prison à trois cellules :
  • La cellule du silence : interdiction de pleurer, de demander de l’aide
  • La cellule du portefeuille : obligation de payer seul, jusqu’à la faillite
  • La cellule de la solitude : muré dans son rôle, coupé de ses enfants, de sa femme, de ses frères etc

Pour être libre, il faut déposer l’armure.

Réduire les inégalités n’est pas une perte de pouvoir pour l’homme, c’est lui rendre son humanité. C’est un gain d’humanité.

AfricTivistes CitizenLab Cameroun lance cet appel aux hommes, aux familles, aux décideurs et à toute la société :  partager pour ne pas couler seuls.  Voilà le vrai courage masculin en 2026.

La préservation du statut symbolique de ‘’chef’’ se fait au détriment de la sécurité financière, de la qualité du lien familial et de la performance économique individuelle.

Le combat pour les droits des femmes est aussi le combat pour le droit des hommes à vivre mieux, aimés et en paix. Maintenir les inégalités, c’est vivre dans une cage dorée.  Tu as la couronne de ‘’chef’’ mais pas le droit d’être fatigué, d’avoir peur, d’échouer, d’aimer tendrement.

Quelle est la première règle patriarchale que vous allez briser chez vous ??

RIMO à MBASSA Davina

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