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Pourquoi la jeunesse doit s’intéresser aux politiques publiques ?

On entend souvent dire que la politique ne concerne pas les jeunes. Qu’elle est complexe, éloignée, réservée à une élite ou à ceux qui “sont aux affaires”. Pourtant, cette perception est non seulement réductrice, mais surtout dangereuse.

Car à y voir de près, les politiques publiques ne sont rien d’autre que les décisions qui organisent notre quotidien : accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi, à l’eau potable, à la sécurité, à l’environnement. Autrement dit, elles façonnent directement nos conditions de vie.

Dès lors, une question s’impose : comment peut-on ne pas s’y intéresser ?

Comprendre pour agir : la première étape de l’engagement

S’intéresser aux politiques publiques, c’est d’abord comprendre comment fonctionne la société dans laquelle nous vivons. Qui décide ? Comment les décisions sont-elles prises ? Sur quelles bases ? Avec quelles conséquences ?

Au Cameroun comme dans de nombreux contextes africains, les institutions publiques tels que : la présidence, le gouvernement, l’Assemblée Nationale … jouent un rôle central dans la définition des orientations nationales. Mais leur action ne peut être efficace sans une compréhension et une implication des citoyens, en particulier des jeunes.

La jeunesse représente une part importante de la population. Pourtant, elle reste souvent en marge des processus de décision. Non pas par incapacité, mais parfois par manque d’information, de formation ou d’espace d’expression.

Or, on ne peut pas influencer ce que l’on ne comprend pas.

Leadership et innovation par les technologies : de nouvelles façons de participer

Aujourd’hui, les formes d’engagement évoluent. Avec le développement du numérique, de nouvelles approches émergent pour favoriser la participation citoyenne.

Des outils comme les forums participatifs, inspirés de la technologie des espaces ouverts (Open Space Technology), permettent de libérer la parole, de stimuler la créativité et d’encourager l’initiative. Ces approches reposent sur un principe simple : chacun a quelque chose à dire, et chaque idée peut contribuer à la construction collective.

Dans ces espaces, les jeunes ne sont plus de simples spectateurs. Ils deviennent acteurs, porteurs d’idées et de solutions.

Mais ces opportunités s’accompagnent aussi de défis. Le numérique peut inclure, mais aussi exclure. La fracture numérique reste une réalité : tous les jeunes n’ont pas le même accès aux outils, à l’information ou aux compétences nécessaires.

S’intéresser aux politiques publiques, c’est aussi comprendre ces enjeux et agir pour réduire ces inégalités.

Au-delà des débats : le rôle du plaidoyer citoyen

Participer ne signifie pas seulement donner son avis. Cela implique aussi d’agir, d’influencer, de proposer. Dans cette optique-là, le plaidoyer citoyen constitue un levier puissant et essentiel car il permet aux jeunes de faire entendre leurs voix, de porter des causes et de contribuer à l’élaboration des politiques publiques.

Comment s’engager concrètement me dira-t-on ? Et nous de répondre simplement, on s’engage en :

  • S’informant sur les enjeux
  • Sensibilisant sa communauté
  • Organisant des campagnes.
  • Dialoguant avec les décideurs.
  • Défendant la justice sociale et l’égalité.

Comme le disait James Baldwin :
« On ne peut pas changer tout ce qu’on affronte, mais rien ne peut changer tant qu’on ne l’affronte pas. » Cette idée résume bien l’enjeu selon lequel l’engagement commence par la prise de conscience.

Redevabilité et transparence : des piliers indispensables

S’intéresser aux politiques publiques, c’est aussi s’intéresser à la manière dont elles sont mises en œuvre. Car décider ne suffit pas. Encore faut-il exécuter, suivre, évaluer.

Dans ce processus, la transparence joue un rôle clé. Elle permet de renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions, de réduire la corruption et d’assurer une gestion efficace des ressources publiques.

Au Cameroun, une réalité persiste : une partie importante de la population exprime une méfiance envers les institutions. Cette perception est souvent liée à des pratiques telles que le détournement de fonds publics, le manque de transparence ou l’absence de résultats concrets.

Face à cela, les jeunes ont un rôle essentiel à jouer : exiger des comptes.

Mais exiger la redevabilité suppose aussi une cohérence personnelle. Un citoyen engagé doit lui-même être responsable dans ses actes. La transparence commence aussi par soi.

Lutter contre la corruption, c’est une responsabilité collective

La corruption reste l’un des principaux obstacles au développement. Elle affecte directement les services publics, réduit les opportunités et accentue les inégalités.

La lutte contre ce phénomène ne peut pas reposer uniquement sur les institutions. Elle nécessite une mobilisation citoyenne.

Des exemples à travers le continent africain montrent que des mouvements citoyens peuvent influencer les politiques publiques et exiger plus de transparence. Des initiatives comme Y’en a marre au Sénégal ou Balai Citoyen au Burkina Faso illustrent cette dynamique.

Dans ce contexte, des citoyens informés et engagés constituent la première ligne de défense contre la corruption.

En définitive, s’intéresser aux politiques publiques, ce n’est pas faire de la politique au sens partisan. C’est prendre conscience de son rôle dans la société. Comme on le dit souvent :
Notre avenir, notre voix, notre contrôle.

Ne construisons pas sur le sable de l’indifférence. Construisons sur le roc des valeurs : la responsabilité, la transparence, la justice et l’engagement. Car une jeunesse informée, consciente et engagée est la condition d’une société plus juste et plus durable.

Par KASSI Roland, pour AfricTivistes CitizenLab Cameroun

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