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JEUNES CAMEROUNAIS ET SENTIMENT D’APPARTENANCE NATIONALE : ENTRE IDENTITÉ, FIERTÉ ET CONTRADDICTIONS

• Publié le 12 juin 2026

Appartenir au Cameroun, ce n’est pas effacer ce qui te rend différent. C’est mettre ensemble ces différences pour créer quelque chose de nouveau. L’appartenance nationale ne se mesure plus à la capacité à ‘‘supporter’’ en silence. Elle se mesure à notre capacité à transformer.  Pour la jeunesse d’aujourd’hui, être camerounais est un projet qu’on construit chaque jour.

L’IDENTITÉ : DES RACINES MULTIPLES, UN SEUL TRONC

    Être camerounais, c’est porter une identité à plusieurs couches.                                                                 

    En bas, tu as ton village :  ta langue maternelle, les rites qui t’ancrent ;                                      

    Au milieu, tu as ta région : le biktutsi du Centre, l’Akwa du Littoral etc ;                                        

    et au-dessus de tout, tu as ce drapeau vert-rouge-jaune qui rassemble 250 ethnies, 2 langues officielles, 1 histoire qui nous lie.

    Pour beaucoup de jeunes, l’identité nationale ne s’hérite plus toute faite, elle se construit. Résultat : Tu peux être fier d’être originaire d’une ethnie et fier d’être camerounais en même temps. Les deux se nourrissent et ton dialecte n’est plus un frein au français ou à l’anglais. Ta culture n’est pas ‘‘un truc du village’’, mais une couleur que tu ajoutes au tableau national.

    On ne devient pas camerounais en effaçant d’où l’on vient. On le devient en assumant ses origines pour construire où on va.

    Le Cameroun, c’est l’art d’assembler nos différences pour faire un drapeau.

    LA FIERTÉ : CE QUI FAIT BATTRE UN SEUL COEUR

    Malgré nos différences, il y’a des moments où le Cameroun devient un seul corps, un seul cri, un seul drapeau.

    Quand un développeur camerounais crée une application qui cartonne en Afrique et que tu te dis waouh, c’est un des nôtres’’. Quand Francis Ngannou met ko son adversaire et que tout le monde poste ‘‘237’’ jusqu’à la gare. Quand un artiste camerounais remplit Bercy et que tu te sens représenté, même depuis ton quartier.

    Cette fierté-là, aucun discours politique ne peut la fabriquer. Elle naît du talent, de la résilience, de ce ‘‘système’’ qu’on a dans le sang.  Les camerounais savent innover avec peu, ils savent rire même dans la galère. C’est ça qui nous rend fier, cette capacité à créer, à se relever, à briller même quand tout dit ‘‘abandonne’’.

    On n’est pas fier parce que tout est parfait, on est fier parce qu’on n’a jamais arrêté d’essayer.

    LES CONTRADICTIONS : AIMER UN PAYS FAIT MAL PARFOIS

    Aimer le Cameroun, c’est aussi porter des contradictions qui pèsent.

    Tu portes le drapeau en ligne, mais hors ligne tu galères pour trouver un stage ;                       

    Tu vantes ta culture, mais tu rêves de visa pour ‘‘tenter ta chance ailleurs’’ ;                                   

    Tu veux construire ici mais tu vois des amis partir chaque mois ;                                                

    Tu défends le Cameroun en ligne, mais hors ligne tu te bats contre la corruption, le chômage, l’impression que ‘ ‘rien ne change pour nous les jeunes’’.

    Cette contradiction fait mal. Elle donne l’impression de trahir, mais en réalité, c’est le signe que tu tiens au pays. On ne se fâche que contre ceux qu’on aime. L’indifférent, lui, s’en va sans un mot.

    La colère, la frustration, le questionnement, sont les preuves que le Cameroun compte pour toi. Tu ne veux pas juste le subir, mais tu veux qu’il soit à la hauteur de l’amour que tu lui portes.

    APPARTENIR C’EST CHOISIR DE RESTER DANS LE DÉBAT

    Le sentiment d’appartenance nationale chez les jeunes camerounais est exigeant. Il ne demande pas de fermer les yeux, mais de les ouvrir, même quand ça fait mal.

    Aujourd’hui, aimer le Cameroun c’est dire : ‘ ‘je suis fier de toi, mais je veux mieux pour toi. Je critique parce que veux te construire’’.

    Appartenir c’est voter même quand tu doutes. C’est créer une association, un contenu, un mouvement, un business, un podcast. C’est refuser de laisser les autres décider à ta place.    Les jeunes ont la responsabilité d’arracher leur indépendance économique, numérique, culturelle. Place à ‘‘on fait avec ce qu’on a, et on construit ce qui manque’’. Et c’est là que des espaces comme AfricTivistes CitizenLab Cameroun prennent tout leur sens. Un endroit où ta colère devient une proposition, ta contradiction un projet. Ce Lab camerounais t’équipe en plaidoyer, en leadership, en techniques pour transformer ton idée en action concrète.

    Alors oui, il y’a des contradictions, de la colère, mais tant qu’il y’a ce frisson quand l’hymne national retentit, tant qu’il y’a ce ‘ ‘nous, les 237’’ qui revient malgré tout… L’appartenance est vivante. Les jeunes camerounais n’aiment pas leur pays avec des œillères, ils l’aiment avec les yeux grands ouverts, ses forces et failles. Et c’est précisément parce qu’ils voient les failles qu’ils veulent construire.

    Un pays ne change pas par miracle, il change par action. Il change parce que la jeune génération décide que ‘ ‘demain’’ commence avec ce qu’elle fait aujourd’hui.

    Ce Cameroun de demain, il t’appartient. À toi de décider de quoi il aura l’air.                            

    Et toi, c’est quoi ta brique pour construire ce Cameroun-là ? Viens la poser avec nous à CitizenLab Cameroun.

    RIMO à MBASSA Davina