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La honte : émotion humaine ou piège social

• Publié le 7 juillet 2026

Comment déconstruire la honte en Afrique et au Cameroun pour libérer nos corps, nos choix et nos voix

 « La honte est une cicatrice invisible qui peut durer toute une vie. »

Cette phrase résume bien ce que beaucoup d’Africains et de Camerounais ressentent : un poids silencieux, transmis par la famille, l’école, la religion ou la société, qui finit par façonner nos comportements et nos choix.

Comprendre la honte

La honte est souvent perçue comme une émotion naturelle. Pourtant, de nombreux chercheurs et praticiens expliquent qu’elle est surtout un mécanisme social. Elle apparaît lorsque nous avons l’impression de ne pas correspondre aux attentes du groupe, de la communauté ou de la société.

  • Dans nos familles : une jeune femme peut être jugée pour ne pas être mariée « à temps », ou pour avoir choisi une carrière jugée « masculine ».
  • Dans nos quartiers : un jeune homme peut être stigmatisé parce qu’il est au chômage ou qu’il n’a pas « réussi » selon les critères dominants.
  • Dans nos corps : la honte liée au poids, à la couleur de peau, à la taille, etc

Comme le souligne l’article de SWICA, la honte agit comme un signal : elle nous dit que notre réputation ou notre appartenance est menacée. Mais en Afrique, ce signal est souvent instrumentalisé pour contrôler les individus et les maintenir dans le rang.

Des chaînes invisibles aux chemins de libération

Au Cameroun, la honte est profondément enracinée dans le patriarcat et les systèmes d’oppression. Elle devient un outil pour imposer des rôles de genre, limiter les ambitions et réduire au silence ceux qui veulent sortir des normes.

Pourtant, il existe des voies de libération :

  • L’auto‑empathie : apprendre à se parler avec bienveillance, comme on le ferait avec un ami.
  • Le collectif : les espaces de parole et les initiatives citoyennes permettent de transformer la honte en sujet de débat et en force de changement.
  • L’éducation civique : des plateformes comme Africtivistes CitizenLab Cameroun créent des discussions où les jeunes déconstruisent ces mécanismes et se réapproprient leur dignité.

Tout compte fait, la honte n’est pas une fatalité. Elle est une construction sociale qui peut être déconstruite par la parole, la solidarité et l’action citoyenne. Refuser de s’excuser pour nos corps, nos choix ou nos existences, c’est déjà réécrire l’histoire.

Et si la vraie question était : comment transformer la honte en énergie collective pour bâtir une société plus juste et inclusive ?

Sources

  • SWICA Magazine – Dossier : Honte (2024). Disponible sur : swica.ch
  • Brown, Brené (2012). Daring Greatly: How the Courage to Be Vulnerable Transforms the Way We Live, Love, Parent, and Lead. Gotham Books.
  • Africtivistes CitizenLab Cameroun – Initiatives citoyennes pour la jeunesse et la démocratie participative.