La violence conjugale, c’est rarement un accident. C’est une problématique sociale qui prend de l’ampleur avec une augmentation des cas recensés. Ce phénomène est présent à tous les âges, dans toutes les classes socio-économiques, toutes les communautés culturelles et toutes les religions. Dans la très grande majorité des cas, c’est l’homme qui est l’auteur de la violence et la femme la principale victime avec des facteurs de vulnérabilité accrus pour certaines. C’est donc un moyen de dominer la victime et d’affirmer son pouvoir sur elle.
Selon l’OMS, environ 840 millions de femmes dans le monde ont subi des violences conjugales au cours de leur vie. Au Cameroun, la situation est vraiment préoccupante. Près de 44% des femmes de 15 à 49 ans rapportent avoir subi des violences conjugales. Les jeunes femmes de 15-35 ans sont les plus à risque.
1. Pourquoi ce n’est pas un accident ?
Intentionnalité et contrôle : le contrôle coercitif
Il consiste en des stratégies et des actes de contrôle répétés et intentionnels, mis en place progressivement par un partenaire, afin d’intimider, d’humilier, de punir, d’isoler, de dominer et de priver la victime de sa liberté. Les menaces, le harcèlement, la surveillance (via les technologies) sont des manifestations du contrôle coercitif. La victime se sent prise au piège, comme dans une cage invisible et vit dans état de tension quasi permanent.
Il est donc important de ne pas limiter la définition de la violence conjugale à des agressions essentiellement physiques.
Cycle de violence : il est répétitif et s’intensifie avec le temps (tension-agression- justification-réconciliation).
2. Les formes de violences :
- Physique : coups, blessures
- Verbal : insultes, menaces
- Psychologique : humiliation, isolement
- Économique : contrôle des finances
- Sexuelle : viol, harcèlement
3. Les conditions structurelles de la répétition
- Isolement social et contrôle : la victime est coupée de son réseau social (familles, amis), la rendant plus dépendante et mois en mesure de demander de l’aide
- Stigmatisation et honte : la peur du jugement et la honte empêche souvent les victimes de dénoncer les violences, perpétuant le silence
- Conditions socio-économiques : la dépendance financière ou l’absence de ressources pour quitter le foyer piège la victime dans un environnement dangereux
- Banalisation : dans certains contextes, la violence est minimisée ou normalisée, ce qui empêche sa reconnaissance comme une infraction.
- Impunité de l’agresseur : pas de conséquences, donc ça continue.
4. Comment aider ou briser le cycle
- Reconnaître la violence
- Dénoncer
- Chercher de l’aide auprès des organisations d’aide aux victimes de violences conjugales comme le Ministère des Affaires Sociales du Cameroun (MINAS), l’Association Camerounaise des Femmes Juristes (Acafej).
- Soutien aux victimes
AfricTivistes CitizenLab Cameroun travaille à prévenir ce type de violence en promouvant l’engagement citoyen, et donne aux jeunes les moyens d’agir pour transformer leur société par :
- La sensibilisation : l’organisation des campagnes de sensibilisation
- L’éducation civique : la formation des jeunes à la citoyenneté active et aux droits humains.
En résumé, les femmes sont les plus touchées, mais les hommes aussi peuvent être victimes. La violence laisse des séquelles profondes, psychiques, physiques et affectives durables sur les victimes et les enfants témoins. Les conséquences sont lourdes, incluant la dépression, le syndrome post-traumatique et des risques accrus d’homicide. Les violences conjugales nécessitent une prise de conscience, du soutien et des mesures de protection adaptées.
« Ensemble, levons la voix, arrêtons la violence »
RIMO à MBASSA Davina

