On dit souvent qu’on veut laisser un monde meilleur à nos enfants. Mais, loin des discours, que leur transmet-on vraiment ? des biens matériels, des traditions, des langues, des croyances et des connaissances, certes. Au-delà de cet héritage visible, le vrai héritage, il est invisible et il pèse plus lourd. Il s’agit de nos comportements, nos valeurs, nos habitudes et notre manière de voir le monde que nous leur léguons également. Ils copient ce qu’on fait, pas ce qu’on dit. On leur demande d’être solidaires, mais on passe le temps à se comparer au voisin. On leur parle d’humilité, mais on achète le dernier iphone pour ne pas se sentir inférieurs. Les jeunes observent et scannent nos actes au quotidien. La véritable question est donc de savoir ce que retiennent les jeunes de nos actes ? nos comportements influencent davantage les jeunes que nos grandes paroles.
L’HÉRITAGE INVISIBLE : NOS VALEURS ET NOTRE VÉCU
- Nos actes parlent plus fort que nos leçons
Le plus grand de ce qu’on transmet ne se pèse pas, ne se compte pas, ne fait pas de bruit. Pourtant, c’est lui qui façonne une vie. Ce sont les actes posés à l’égard de notre prochain qui raisonnent fortement. Par exemple, la solidarité dont on a fait preuve quand le voisin était dans le besoin. On pense transmettre des principes, en réalité, on transmet des réflexes. Nos actes sont des leçons silencieuses et ils frappent plus forts que nos discours.
Nous sommes des manuels de vie pour ceux qui viennent après nous. Les enfants, les ados, ils nous lisent avant d’ouvrir leurs livres. Ils déchiffrent nos silences, nos colères, nos joies.
Ils apprennent l’entraide quand ils nous voient partager, la résilience quand ils nous surprennent à pleurer le soir et qu’ils nous retrouvent debout le lendemain. Ils apprennent le respect quand ils nous voient dire ‘‘Merci’’ à la ménagère, ‘‘bonjour’’ au gardien, ‘‘pardon’’ quand on a tort. Sans faire exprès, ils récupèrent nos cassettes, le goût du vrai, du lent, du palpable. Le goût des choses qui prennent du temps comme une amitié qui se construit, un pardon qui se donne. Dans un monde qui va à 200 à l’heure, c’est peut-être ça, notre plus grand acte de résistance à leur transmettre.
- L’image ou l’authenticité : que choisissons nous devant eux ?
Aujourd’hui, les réseaux sociaux occupent une place importante dans la construction de l’identité des jeunes. Tikitok, Instagram, Snapchat …, c’est leur deuxième maison. Les réseaux sociaux construisent leur regard sur eux-mêmes, et c’est une arme à double tranchant.
En effet, ils y trouvent des opportunités (lancer un business, trouver du travail etc), mais véhiculent aussi une culture de la comparaison, de la validation de l’apparence. Cette réalité nous invite à réfléchir : transmettons-nous une culture de l’authenticité ou une culture de l’image ?
Les nouvelles générations hériteront des conséquences de nos choix actuels, chaque geste compte : l’adoption des comportements responsables, la protection des ressources naturelles, la limitation du gaspillage. Dans un monde marqué par les crises, les conflits, et les incertitudes, les jeunes ont besoin d’adultes capables de leur montrer qu’il est toujours possible de construire un avenir meilleur.
LA PLANÈTE QU’ON LEUR LAISSE : CHAQUE GESTE COMPTE
Les générations qui arrivent vont hériter de la terre qu’on leur laisse. Et ça se joue maintenant dans des gestes qui ont l’air de rien :
- Ne pas jeter au sol, à la maison ou en route, dans un espace public
- Eteindre la lumière en sortant d’une pièce
- Ranger les chaises quand on quitte une table
Ce sont des gestes de ‘ ‘respect’’ pour ceux qui viennent après. Chaque fois qu’on gaspille, qu’on jette, qu’on abîme, on leur envoie un message de mépris, de désinvolture. Chaque fois qu’on protège, qu’on économise, qu’on fait attention, on leur apprend ‘‘l’amour du prochain’’.
LE PLUS GRAND CADEAU : L’ESPOIR
Leur donner de l’espoir, ce n’est pas mentir et dire que tout est rose. C’est leur montrer que même quand c’est dur, on se lève, on essaie, on échoue et on recommence. Les écouter quand ils parlent de leurs rêves, c’est leur enseigner la vraie vie qui est semer, arroser, attendre et puis recommencer.
Parce que finalement, « transmettre c’est leur donner assez de racines pour qu’ils ne s’envolent pas au premier vent, et assez d’ailes pour qu’ils osent voler plus loin que nous ».
Dans ce contexte, AfricTivistes CitizenLab Cameroun est un endroit où on choisit consciemment ce qu’on veut transmettre aux jeunes. Le Lab mène des campagnes de sensibilisation où on apprend aux jeunes à utiliser le digital pour aider leur quartier, il donne des compétences pour que les jeunes changent un bout du pays.
En conclusion, l’héritage humain le plus profond est celui qui donne aux jeunes la conviction qu’ils ont le pouvoir et la responsabilité de bâtir un avenir meilleur. Parce que le plus bel héritage, ce n’est pas un compte en banque, c’est quelqu’un qui, à 30 ans, en pleine tempête se souvient qu’on lui a appris à nager. Et ça, ça ne s’achète pas, ça se transmet. Le monde meilleur qu’on veut pour eux commence dans nos maisons, nos taxis, devant nos téléphones.
RIMO à MBASSA Davina

